L’épisode 13 est en cours de rédaction

J’hésitais et puis, au gré des mes cheminements quotidiens, j’avais l’idée. Celle de faire un épisode qui continuerait ce qu’on a entreprit dans l’épisode 8, à propos de l’effraction du réel. Attention, ceci n’est pas un cours de philosophie, c’est juste un podcast 🙂

En cours de rédaction : non, je ne rédige pas tout le podcast à l’avance, mais je suis bien obligé de préparer un plan serré 🙂

Le réel ?

C’est l’idée que nous percevons le monde avec ce qu’on peut simplement nommer des cadres, des désirs, volontés, etc. Des trucs en nous qui nous amènent le monde sous forme de représentations, d’objets que l’on peut voir, comprendre, entendre, reconnaître. Le réel n’est pas un deuxième monde, mais ce n’est pas le monde de tout le monde, celui qui, dans notre quotidien, est un lieu et un temps qui se définissent par rapport à nous, le sujet.

Ce serait donc l’idée que le monde est sans objet ni sujet. On parle alors de nature, de monde brut. Le monde, ce quelque chose, espace ou temps ou autre chose, qui serait devant nous, mais que nous ne pourrions pas voir, pas voir comme il se doit.

L’effraction du réel ?

On pourrait demander Pourquoi s’intéresser à ce réel ? et on pourrait aussi demander A quoi ça sert ? et toutes sortes de choses. On aurait peut-être bien raison. Il ne faut pas prendre tout ça trop au sérieux, car, au final comme on dit, ça sert à quoi, c’est vrai, tous ces mots, ces raisonnements apparents ? Et la lassitude, le sentiment d’inutilité profonde, et d’impossibilité de la tâche, font parties de ce sujet. Hélas.

Si vous, ô cher poditeur, vous considérez que tout ça n’est sans doute que de la sophistication, du snobisme intellectuel creux… je ne peux pas vous en vouloir, ni encore vous dire que vous auriez tort. Mais je vous en dis un peu plus. Car même dans les moments où je n’ai plus la foi pour ce genre d’entreprises, j’y pense encore. Et je me dois de vous en dire l’enjeu. Sinon, ce ne serait bel et bien qu’une perte de temps.

Qu’est-ce qui ramène à l’homme ce monde brut ? La sensation. Cette sensation fugace qu’il ne faut pas confondre avec la perception par exemple. On croit sentir, mais quand sent-on vraiment ? Vous avez vu Interstellar ou 2001 ?

#blackandwhite #nexus5 #snapseed #stairs #noiretblanc #way

A photo posted by Xavier Gilbert (@fantomeaparis) on

Je veux dire : vous avez contemplé les étoiles, non comme des ailleurs inaccessibles, mais comme des étrangetés de ce monde-ci ? Imaginez l’enthousiasme, la passion de l’observateur qui se rugit J’irai ! en voulant naviguer dans l’espace. C’est pareil pour un homme qui serait ici, les pieds sur terre, sans ambition intergalactique, et qui voudrait naviguer dans la nature.

L’artiste, figure incontournable du sujet

Il ne s’agit pas de partir loin, de voyager à bord d’une vaisseau, il s’agit d’essayer de regarder le monde comme si on ne le regardait pas. On voudrait décrire, comme Balzac, une maison, comme s’il n’y avait plus de témoin pour la regarder. On voudrait voir vraiment en sachant qu’il ne s’agit pas de voir avec nos yeux. On ne peut pas se passer de nos sensations et pourtant, il y a quelque chose dans ce phénomène (pardon du terme), qui n’aurait rien à voir avec la sensation. On est perdu et c’est pour ça qu’on fait un podcast.

Dans l’épisode 8, on se promenait dans ce sujet en lisant des textes qui faisaient référence à cette expérience, d’avoir une fois en sa vie vu quelque chose de trop grand pour nous. Une chose trop grande pour nous ? C’est juste le monde. C’est juste la nature. Et là, on pense au Cri (la peinture), on pense à beaucoup de choses en fait, mais on veut descendre d’un cran, on ne veut pas courir vers ces choses qu’on a apprises. On ne veut pas être prudent non plus. On veut se mettre à la place de l’artiste (ce penseur étrange). On veut être… un artiste ?

Faites entrer le réel ?

On veut en finir aussi avec l’idée que l’art est une fuite de la réalité pour l’ailleurs imaginaire. Notre quotidien étant un amalgame de représentations, de répétitions, d’habitudes, de reconnaissances, c’est plutôt lui la mascarade que nous fuyons dans l’art. Mais à bien regarder, on ne fuit pas le monde vers un ailleurs, autre chose. On fuit ce monde pour faire fuir le monde brut. On le fait fuir dans l’acte de création. C’est ça notre sujet.

A bientôt.

Share your thoughts